Projet d’installation lumineuse, sonore, participative et interactive.
Vidéo de l’installation lors du festival R-cas à la galerie A cent mètres du centre du monde, Perpignan, octobre 2025 ici
Sensille : nom féminin. Organe sensoriel simple porté par le tégument des insectes, ayant une fonction tactile, gustative ou olfactive.
Avec le projet Sensilles, l’artiste souhaite questionner les relations que l’humain entretient avec les insectes, en intégrant une dimension participative à ses créations. Au-delà de nos répulsions ou de nos fascinations, des souvenirs émerveillés de notre enfance, est-il possible d’interagir avec ce monde étrange ? Chez les insectes, les fonctions tactiles, gustatives ou olfactives sont portées par des organes sensoriels appelés sensilles. Les humains, eux, entrent en relation avec le monde extérieur par leurs cinq sens. Une première proposition d’installation participative, interactive, sonore et lumineuse a vu le jour, exposée en octobre dernier à la galerie d’art contemporain à cent mètres du centre du monde à Perpignan dans le cadre du festival R-cas. Des insectes de papiers colorés bourdonnent et s’activent autour de « cocons » de papiers végétaux, suspendus à des excroissances lumineuses qui semblent être régulées par des lois mystérieuses mais stables. Le visiteur humain s’approche tout près de ces structures ; les bruissements s’interrompent, les cocons ne s’illuminent plus harmonieusement… et l’on entend des voix humaines qui nous racontent leur histoire vécue avec un insecte. Au pied de ces modules, des structures ovoïdes translucides et lumineuses apparemment immobiles ont germé…


Tu t’approches, tu m’effleures
J’expire mes voix intérieures – murmures d’humains, souvenirs lointains –
Ton regard sur moi posé
Mes fragments d’insectes presque vrais Luciole Libellule Longicorne
S’éclairent, se balancent illuminent ton visage





Sensibles sensibles, détail. Papier végétal, papiers récupérés, techniques mixtes. L’art caché, juillet 2025.
Deux niveaux dans l’espace sont sollicités :
1/ Au sol, des excroissances verticales d’ajoncs et de biomatériaux installées à hauteur du public, qui rappellent les antennes des insectes. Des témoignages audio sont déclenchés lorsqu’on s’en approche, souvenirs intimes, collectifs, sur notre rapport aux insectes.
→ l’artiste a initié cette collecte de souvenirs en juin 2024 à Vincennes dans le cadre d’une résidence « peuples de l’herbe, peuple de Vincennes » (Open bach résidences). Elle poursuit en 2025 cette collecte auprès de différents habitants de Perpignan : enfants, scientifiques, jardiniers, artistes…
2/ Plus haut, les modulations de hauteur et d’intensité de ces voix déclenchent à leur tour l’illumination variable des habitats des insectes de papiers suspendus, comme si la structure était vivante et « parlait ». Ces insectes, frêles témoins de la disparition de la biodiversité, s’agitent doucement au rythme des courants d’air et du passage du public .
→ cette partie du travail est en co-création avec Félix Lacquement, artiste sonore et musicien, qui développe la programmation musicale informatique dans des environnements comme Csound, Lua, CDP ou MAX/MSP, au moyen d’un dispositif piloté par ordinateur installé au centre de la structure.



